Comprendre et accompagner le sommeil des enfants

par Avr 22, 2020

Enfant endormi

S’il y a bien un sujet qui réunit les parents, quelque soit le nombre d’enfants, le mode d’éducation, la langue, la culture ou le pays, c’est la question du sommeil.

Certains parents ont la chance d’avoir des enfants « gros dormeurs » pour qui le sommeil n’a été une question que quelques semaines, pour d’autres le retour à de longues nuits sans réveil (et tant attendues) peut se faire attendre plusieurs mois… voire plusieurs années ! (Et je sais, ô combien, de quoi parle 😉)

Le manque de sommeil a un impact considérable, sur notre état physique, mental, sur notre santé, notre vie professionnelle, notre vie sociale, notre vie de couple, etc. Bref, sans sommeil, on est peu de chose !

Quand on parle du sommeil des enfants, il y a tant de questions qui se posent ! Rythme du sommeil, cododo, endormissement au sein ou au biberon, réveils nocturnes, rituel du coucher, cauchemars, etc.

Pourquoi le sommeil des enfants est-il parfois si compliqué, que faut-il savoir, et surtout faire, pour mieux comprendre et accompagner le sommeil de nos petits ?

Car oui, il existe des solutions parfois simples, et surtout efficaces pour retrouver ce cher et indispensable quota d’heures de sommeil, essentiel à notre bien-être.

Pour percer le mystère du sommeil des enfants, et tout savoir (ou presque) sur la façon de l’accompagner, nous avons interrogé Sandra Menoni, consultante en sommeil de l’enfant et fondatrice de « La Nuit des Petits« .

Sandra a, elle aussi, connu la solitude des nuits difficiles avec son fils avant de se former aux Etats-Unis à la méthode Sleep Sense™. Adepte de l’éducation positive, elle a fait de l’accompagnement au sommeil son métier pour aider les parents à améliorer la qualité de sommeil de leur enfant et leur bien-être au quotidien, dans la douceur et la bienveillance.

Quels sont les rythmes de sommeil des enfants en fonction de leur âge ?

Jusqu’à 3 ans les enfants ont besoin de 10 à 12 heures de sommeil par nuit. Le sommeil diurne dépend de leur âge, voici une moyenne des besoins :

  • 0-1 mois : 4 à 6 siestes
  • 1-3 mois : 3 à 4 siestes
  • 3-6 mois : 3 siestes
  • 6-9 mois : 2 à 3 siestes
  • 9-12 mois : 2 siestes
  • 12-18 mois : 1 à 2 siestes
  • 18 mois à 3 ans : 1 sieste

Que signifie « faire des nuits » ?

Lorsqu’un bébé s’endort de manière autonome, sans intervention de la part du parent, il est en mesure de s’endormir et de se rendormir seul pendant un réveil nocturne.

À quel âge un bébé est capable de faire des nuits ?

Il n’y a pas de règle précise, un bébé fait ses nuits lorsqu’il est prêt !

Comment aider un bébé à s’endormir seul / se rendormir seul ?

En pratiquant la mise au lit encore éveillé. N’attendez pas que votre enfant s’endorme dans vos bras, vous lui offrirez un cadeau en l’accompagnant vers l’autonomie du sommeil qu’il gardera toute sa vie !

Est ce important de mettre en place un rituel du coucher ?

C’est un moment indispensable, une phase de transition qui permet à votre enfant de se rassurer et de le préparer au voyage du sommeil. C’est un moment de connexion très fort avec votre enfant qui a pour but de remplir son réservoir affectif et de l’apaiser avant de se séparer pour toute la nuit.

À quel âge mettre en place un rituel du coucher

Dès la naissance ! Pas besoin qu’il soit nécessairement long chez les nouveau-nés, pour les bébés et jeunes enfants je recommande qu’il dure environ 30 à 45 minutes.

Quel rituel conseillez-vous ?

Repas/tétée – Bain – Pyjama – Histoires – Calins. L’important est que vous fassiez le même rituel, avec les mêmes étapes, soir après soir, pour rassurer votre enfant.

Comment aménager la chambre (sécurité, environnement rassurant) ?

Son espace de sommeil doit être le plus épuré possible pour apprendre à votre bébé que son lit c’est pour dormir et rien d’autre. Je recommande de le coucher sur le dos en gigoteuse dans son lit/berceau, sans coussin ni couverture et avec son doudou.

Que pensez vous des veilleuses ?

C’est un bon outil pendant le rituel du coucher pour faire la transition entre le jour et la nuit. A la fin du rituel, couchez votre enfant dans le noir total sinon la lumière (même à faible intensité) interfère sur la production de mélatonine, qui est un sédatif naturel et aide à l’endormissement

Faut-il laisser un enfant pleurer ?

Ecoutez votre bébé et observez-le, s’il pleure c’est qu’il a quelque chose à vous dire. Accompagner son bébé vers un sommeil serein est essentiel, et la mise en place d’un rituel peut grandement l’aider. S’il pleure beaucoup au moment du coucher c’est probablement qu’il est déjà trop fatigué. Reprenez-le, faîtes lui un câlin le temps qu’il s’apaise et reposez-le dans son lit. Lors d’un réveil nocturne, patientez quelques instants pour lui offrir l’opportunité de se rendormir seul. Si le volume augmente, intervenez sans attendre pour le réconforter.

On dit que certains enfants ont besoin de « décharger » (donc pleurer pour décompresser), est-ce vrai ?

C’est vrai, cela est très fréquent chez les nouveau-nés (jusqu’à 3 mois), le système d’éveil de bébé s’emballe, c’est ce qu’on appelle la dysrythmie du soir. Cela n’est pas tellement des pleurs pour décompresser mais une phase importante qui indique la maturité de son système neuronal et ne doit donc pas vous inquiéter. Les pleurs peuvent durer plusieurs heures chaque soir ! Le meilleur moyen de l’apaiser est de porter votre bébé dans le calme.

Conseillez-vous le cododo ? 

Je conseille aux parents d’en discuter pour faire le choix qui leur convient à eux. C’est une décision importante pour toute la famille. Certains choisissent de mettre bébé dans sa chambre dès le retour de la maternité, d’autres de pratiquer le cododo pendant plusieurs années. La règle d’or consiste à prendre les mesures de sécurité nécessaires pour que votre enfant dorme dans un environnement sécure. L’OMS recommande de faire dormir son enfant dans son propre lit, dans la chambre parentale jusqu’au 6 mois minimum. Pour ma part, je déconseille de faire dormir bébé dans le lit parental pour des raisons évidentes de sécurité et pour prévenir la MIN (risque de suffocation, risque de chute).

Comment faire quand un enfant est habitué à s’endormir au sein/au biberon ?

Pour cela vous pouvez mettre en place la routine des bébés : Tétée – Eveil – Dodo. Cela lui permettra de téter à son réveil et non pas juste avant de dormir.

Que faire contre les terreurs nocturnes et les cauchemars ?

Les terreurs nocturnes apparaissent en première partie de nuit et sont impressionnantes car votre enfant est encore endormi, il n’est pas conscient. N’intervenez pas et patientez, vous risqueriez de le réveiller. Les terreurs nocturnes sont principalement liées à une dette de sommeil. Permettre à son enfant d’avoir un sommeil de qualité de jour comme de nuit à heures régulières permettra de diminuer les terreurs nocturnes puis de les arrêter totalement.

Les cauchemars arrivent à tout âge même chez les tout-petits. L’enfant est alors pleinement éveillé et terrifié par ces images et a un grand besoin de réconfort et de réassurance. Accueillez ses peurs, dites-lui que vous êtes là pour lui et qu’il est en sécurité. Plus vous serez calmes, plus votre enfant pourra s’apaiser.

À quel âge s’inquiéter si un enfant continue à se réveiller la nuit ?

Il n’y a pas vraiment d’âge, cela dépend de votre tolérance aux réveils nocturnes. Certains parents se lèvent sans problème chaque nuit pour remettre la tétine de leur tout-petits, d’autres s’inquiète à partir de 6 mois. Une chose est sûre, si votre enfant se réveille la nuit et que cela vous inquiète, vous pouvez l’accompagner vers l’autonomie du sommeil quel que soit son âge. C’est la clé pour des nuits sereines pour toute la famille.

À l’inverse, à partir de quel âge doit-on s’inquiéter si un enfant dort beaucoup, c’est-à-dire continue de faire des très grosses siestes et tombe de fatigue le soir ?

J’ai rarement rencontré des parents inquiets de voir leur enfant dormir “trop”. Au contraire, le sommeil appelle le sommeil et s’il dort autant c’est qu’il en a besoin. Certains enfants sont de gros dormeurs et il n’y a pas lieu de s’inquiéter. L’hypersomnie reste extrêmement rare chez l’enfant, la somnolence répétée en journée et le ronflement sont des signes qui doivent vous alerter. En revanche, cela se révèle être est une caractéristique physiologique commune du sommeil des adolescents.

 

Merci Sandra pour ces réponses éclairantes !

Une chose est certaine, que ce soit avant l’arrivée d’un bébé, à 3 mois, 6 mois, 2 ans ou 10 ans, vous pouvez vous faire accompagner pour améliorer la qualité du sommeil de votre enfant (et donc la vôtre). Il est inutile d’attendre d’être au bord du burn-out parental pour se faire aider. 

Pour cela, retrouvez ici tous nos professionnels de la parentalité (et très bientôt Sandra !) pour vous accompagner sur les questions de sommeil, alimentation, éducation, émotions, préparation à la naissance ou bien-être.

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