Comment gérer les disputes et jalousie entre frères et soeurs ?

par Oct 2, 2020

Un garçon fait du roller et pousse sa soeur en vélo

Que l’on soit le grand premier ou la petite dernière…  Trouver sa place dans la fratrie n’est pas toujours simple. Ponctuées de câlins, de moments de complicité et parfois de disputes, les relations fraternelles suscitent bien souvent des ascenseurs émotionnels pour les parents. Parfois même, un sentiment de rivalité ou de jalousie peut surgir et grandir avec l’âge.

Faut-il s’inquiéter de la rivalité et de la jalousie dans les relations  ? Comment les expliquer ? Est-ce normal ? Et surtout comment réagir ?

Mathilde Mulliez Coach systémique

Pour répondre à nos questions, nous avons interrogé Mathilde Mulliez, Coach Systémique, et spécialisée en accompagnement périnatal et parental, formée à la discipline positive via la méthode Faber et Mazlish et à la communication bienveillante.

Pourquoi nos enfants se disputent ?

Les disputes et conflits au sein de la fratrie font partie du développement normal de l’enfant. L’alternance entre moment de complicité et de conflits rythme le quotidien de toutes les familles. Les disputent permettent aux enfants d’apprendre à s’affirmer, se différencier, se positionner. Elles préparent donc aux relations avec les autres ! 

Néanmoins elles représentent un véritable poids dans certaines familles où elles sont incessantes. En tant que coach parental, j’accompagne régulièrement des parents en individuel ou en groupe (lors d’ateliers thématiques) pour leur permettre de comprendre les enjeux de ces relations de fratries et leur donner des outils pour alléger le climat familial.

Comment devons-nous réagir face à une dispute ?

En général, lorsque nous intervenons lors d’une dispute, nous prenons partie pour l’enfant qui nous semble le plus vulnérable ou bien nous punissons l’agresseur. En imposant une solution (même si c’est fait de manière bienveillante), nous faisons naître un sentiment d’injustice chez nos enfants. L’un ressentira de la rancune et l’autre un sentiment de supériorité. Cela peut stopper le conflit sur l’instant, mais les multiplier à long terme. De plus, il arrive souvent que le problème qui crée la dispute du moment provienne d’une interaction précédente, et que vous n’en sachiez rien…comment être juste alors ?

La position d’arbitre vous desservira donc toujours, mieux vaut aider les enfants à s’auto-réguler en les laissant trouver leur propre solution aux conflits mineurs et en les aidant à communiquer lors des conflits plus musclés ou des problèmes récurrents. 

Votre rôle sera dans ce dernier cas d’ouvrir la communication et d’aider les enfants à exprimer ce qu’ils ressentent, à prendre la responsabilité de leur émotions et de leurs besoins, puis à trouver un compromis équitable et acceptable pour les deux. Il existe différentes techniques pour les y accompagner.

On a tendance involontairement à comparer nos enfants, quels sont les impacts ? 

Il existe deux types de comparaisons : les comparaisons négatives (comparer en soulignant ce que l’autre a bien fait) et les comparaisons positives (féliciter l’enfant qui a eu le bon comportement devant l’autre). Dans les deux cas, la comparaison va générer de la colère, du découragement et développer la compétitivité. Vous l’aurez donc compris, les comparaisons ont toujours de mauvaises conséquences. A la place préférez la description factuelle du comportement que vous observez, ou de ce que ce comportement vous fait ressentir, toujours en vous exprimant à la première personne (j’observe, je vois, je ressens…)

Comment gérer la jalousie et la rivalité entre nos enfants ?

  • Ne pas imposer d’obligation de s’aimer. Même s’il est difficile d’entendre un de nos enfants dire du mal de son frère ou de sa soeur, rappelons que « Plus on insiste pour que les enfants s’aiment (en les forçant à refouler leurs sentiments négatifs), plus ils se détestent ! ». Chercher à ce que nos enfants s’aiment ou soient « copains » ne fera qu’attiser les disputes. Mieux vaut leur apprendre à se parler, à s’écouter, à se rendre compte de leurs différences et à trouver eux même des solutions pour surmonter ces différences. 
  • Ne pas vouloir donner la même chose à chacun : les enfants sont différents et leurs besoins aussi. L’idée est donc de travailler sur cette notion de besoins spécifiques et de faire comprendre qu’en tant que parents nous essayons de répondre au mieux aux besoins de chacun. 
  • Comprendre qu’au coeur des disputes, il y a quatre grands besoins : le besoin d’appartenance et donc d’attention, le besoin d’établir des limites personnelles, le besoin d’apprendre à gérer ses émotions et le besoin de savoir résoudre les conflits. 

Plusieurs méthodes existent pour accompagner les enfants à mieux communiquer, à devenir de plus en plus autonomes sur la résolution de conflits, mais aussi à répondre à leurs besoin d’appartenance, d’attention et de limites personnelles, je vous les partage lors de mes accompagnements en individuels ou en groupe.

Merci encore à Mathilde pour ses explications. Pour aller plus loin, nous vous proposons un atelier « Lunch & Learn » en ligne, le mardi 10 novembre à 12h15, sur le thème :  “Tu l’aimes plus que moi : gérer les disputes entre frères et soeurs” (15€). Inscriptions juste ici !

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